Chers lecteurs et chères lectrices, j’ai une confession à vous faire.

Si plusieurs d’entre vous ont (peut-être) remarqué mon goût pour les mojitos, mon addiction n’est certainement pas l’alcool, mais le travail.  Car je suis une workaholic repentie, au cas où vous ne l’auriez pas déjà deviné au fil de vos lectures.

Je l’avoue, j’adore enchaîner des travaux en mode multitâches, et arriver à atteindre des objectifs de folie à la fin de mes journées. A l’inverse, je déteste avoir l’impression de faire du sur place, de procrastiner, de ne pas atteindre mes objectifs, et de gérer des relations de travail que j’estime inefficaces.

Au fur et à mesure des années, j’ai appris que certains m’avaient surnommé « la machine ». Plus récemment j’ai été tagué dans les commentaires d’un mème sur Chuck Norris qui réalisait un doctorat en SHS en 3 ans. Un de mes amis, avec qui je collabore et qui se reconnaîtra en lisant ces lignes, m’a même dit qu’il m’arrivait de me mettre en mode bulldozer bourrin.

Bref, vous l’aurez compris, j’ai une certaine réputation auprès de ceux avec qui je travaille, ou que je côtoie plus largement dans le cadre professionnel.

D’autant plus que j’ai de multiples activités. J’enseigne à temps partiel à l’École Spéciale d’Architecture pendant une partie de l’année. J’ai une activité de formatrice et de recherche indépendante auprès de clients. Je fais de la recherche plus académique avec des collègues. Et je vais débuter en Mars un nouveau contrat de recherche à temps partiel à l’Université de Lausanne.

C’est cette multiplicité d’activités qui me permet néanmoins d’être efficace et de satisfaire ma curiosité intellectuelle. Quand je suis bloquée sur un article, je passe à la correction de travaux d’étudiants, avant de répondre à des sollicitations de clients. Tout cela en fonction de comment je me sens à un moment donné, et de la succession de mes deadlines qui s’amoncèlent comme autant de petits cailloux sur mon chemin. Car quand j’ai beaucoup de deadlines à gérer, mon cerveau se met en mode « c’est-fini-la-procrastination», et « production-maximale-engagée ».

L’avantage : avoir l’impression d’accomplir beaucoup de choses dans une journée ou dans une semaine. Le kiff intégral.

L’inconvénient : avoir l’impression de ne pas pouvoir réussir à accomplir toutes ces choses dans le temps qu’il m’est imparti. Le stress intégral.

Je connais d’autres chercheurs entrepreneurs qui ont témoigné de cette boulimie de travail dans la recherche. Nous en avons même parlé lors d’un café des alumni de la Fondation Palladio (qui a financé mes terrains de thèse) il y a quelques mois.

A croire que certains d’entre nous sont incapables de mettre notre cerveau en pause. Je me demande si le fait d’être chercheur nous pousse à ne jamais nous arrêter de réfléchir, ou au contraire si c’est le fait que nous avons du mal à nous arrêter de réfléchir qui nous a poussé à devenir chercheur. C’est sans doute un peu des deux mon capitaine.

Et puis la recherche est une activité sans fin. Je n’ai pas non plus de supérieur hiérarchique qui m’ordonne d’arrêter de travailler. Ce qui n’aide pas mon workaholism je dois l’avouer.

A ce stade de votre lecture, vous vous dite sans doute :

« Wow, mais on dirait qu’elle se vente d’être une workhaolic finie en fait. »

Rien n’est plus faux que cette affirmation. Être un bourreau ou une boulimique du travail n’est pas sans conséquences. C’est loin d’être sain, comme je l’ai appris à mes dépends il y a un peu plus de 3 ans maintenant.

Être workhaolic, c’est ne pas pouvoir s’empêcher de travailler. C’est être high quand on atteint des objectifs supposément inatteignables. Et être au fond du trou quand on ne les atteints pas. C’est culpabiliser inutilement quand on ne travaille pas, et n’attendre qu’une chose : se remettre au travail pour mettre fin à cette culpabilité. Car on s’imagine que nos collègues vont nous juger si on ne performe pas en temps et en heure. C’est travailler jusqu’à l’épuisement au détriment de sa vie personnelle et sociale. C’est parfois s’imaginer de tout plaquer et de prendre le premier avion pour les Bahamas afin de profiter d’un mojito sur la plage. 

Je ne crois donc rien vous apprendre lorsque je vous dis que la maxime « le travail, c’est la santé » peut parfois (souvent) être mensongère.

Je suis une workhaolic repentie. Cependant, comme un alcoolique demeure alcoolique jusqu’à la fin de ses jours, je serai une workaholic jusqu’à la fin des miens. Cela dit, si s’arrêter de boire de l’alcool semble possible, difficile de s’arrêter de travailler.

Aussi, voici quelques stratégies que moi et d’autres avons mis en place pour contrer notre boulimie invétérée du travail.

Stratégie n°1 : Chercher de l’aide d’un professionnel

C’est le troisième post au sein duquel je conseille d’aller voir le psy. J’ai l’impression de me répéter, mais bon. Je sais, le psy fait peur, mais il peut être utile. Après tout, les addictions de toute sorte se soignent difficilement toutes seules. Peut-être que votre workaholism est le symptôme de quelque chose de plus profond ? Ou pas. Après tout, je ne suis pas psy.

Stratégie n°2 : Apprendre à déléguer

C’est ce qu’une alumna Palladio m’a conseillé de faire, quand elle a découvert le bonheur de faire appel à une assistante. Le piège, cela dit, c’est de ne pas profiter du temps dégagé par ladite assistante pour s’ajouter tout un tas d’autres tâches. Sinon, retour à la case départ.

Difficile pour vous de déléguer pour vous ? Je comprends, c’est un de mes problèmes également. Mais ça s’apprend avec le temps, promis, juré, craché.

Stratégie n°3 : Se désintoxiquer du travail.

Pour se faire, je me suis imposée des temps de repos, à savoir ne jamais travailler après 20h, ni pendant le weekend. C’est plus difficile que cela en a l’air, surtout quand vos collègues organisent des réunions durant ces temps-là. J’avoue avoir dérogé trois fois à la règle « ne jamais travailler après 20h » et une fois à celle de « jamais durant les weekends » en 3 ans. Et je m’en suis mordue les doigts à chaque fois.

Les six premiers mois de respects de ces règles ont été particulièrement difficiles. Tous les weekends, je culpabilisais de ne pas avancer dans mon travail, et luttait pour ne pas me remettre à bosser. C’était aussi l’occasion de me rendre compte à quel point j’avais besoin de cette petite cure de désintox. Mais plus le temps passe, plus il est facile de passer des soirées et des weekends agréables à penser à autre chose. Après tout, il faut bien quelques mois pour que votre cerveau mette en place de nouvelles connexions neuronales, et donc ancre en vous de nouvelles habitudes.

J’ai lu que certaines personnes se calaient des temps pour ne rien faire dans leur agenda, le mardi matin ou le jeudi après midi par exemple. Pourquoi pas, du moment que le résultat soit le même : prendre du temps pour soi et pas pour son travail.

Aujourd’hui, je n’envisage plus de travailler le weekend. Et c’est tant mieux car je peux profiter de ce temps là pour réaliser la….

…Stratégie n°4 : Prendre soin de son corps et de son esprit.

Le meilleur moyen de contrer sa boulimie de travail, c’est de remplacer ce dernier par des activités un peu plus saines, sans rentrer dans l’extrême inverse. Le tout, c’est de ne pas entrer dans une quête à la performance du repos et du bien-être (serait-ce un oxymore ?).

Exemple : je ne travaille plus autant, mais je fais à la place 3h de vélo et 1h de yoga par jour, tous les jours de la semaine, et je mets un point d’honneur à préparer des jus vegan maison tous les matins.

Bref, inutile de passer d’une boulimie à une autre, c’est contre-productif.


Vous êtes chercheur, vous souhaitez développer votre activité d’indépendant et vous avez plein de questions ? N’hésitez pas à me contacter pour des séances de coaching.

 

 

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