Par ces temps de pandémie mondiale, je suis sûre que plusieurs d’entre vous se sont sentis isolés devant leurs travaux de recherche. En tout cas, cela a été (et est toujours) mon cas. J’aime sortir et prendre des verres en terrasses avec des amis, et je suis d’un naturel extraverti. Donc le confinement, merci, mais non merci.

Ceci-dit, ce dernier m’a rendu furieusement productive (il faut bien que le confinement ait au moins un intérêt). J’ai donc lancé ma deuxième entreprise, en solo cette fois-ci. 

La solitude ne m’était pas inconnue, même avant le confinement. C’est un point que j’ai très brièvement abordé dans mon dernier article relatif aux caractéristiques de l’enseignant chercheur indépendant, et que je souhaite développer ici.

Être indépendant, c’est savoir se déterminer seul.

Seul, vraiment ?

Les badass à suivre

Il est vrai que certains aspects de mon activité s’effectuent de manière relativement solitaire, et parfois dans le brouillard. C’était surtout le cas lorsque j’ai débuté ma première société il y a quelques années de cela. Et c’est pourquoi j’aurais aimé avoir des modèles auxquels m’identifier au début de mon aventure, des phares à suivre pour éviter certains écueils sur ma route.

Et surtout, pour me sentir un peu moins seule.

Car je ne sais pas si vous le savez, mais les femmes ingénieures, docteures, entrepreneures ne courent pas les rues. Et celles qui combinent à la fois recherche, enseignement et entreprise sont d’autant plus statistiquement rares.  

L’une des seules sans doute qui me sert de référence aujourd’hui, c’est Aurélie Jean. Je l’ai cependant découverte tardivement. Ma mère l’avait vu dans un reportage, avait pensé à moi, et offert son ouvrage « De l’autre côté de la machine » pour mon anniversaire l’an dernier.

Aurélie Jean combine également recherche, enseignement et entreprise. Elle partage son temps entre la France et les Etats-Unis (comme ce fut mon cas pendant un temps).  Elle a monté son entreprise bien avant moi, et je me suis souvent demandée si elle s’était aussi sentie seule dans des moments difficiles, et quels ont été ses propres modèles.

Peut-être existe-t-il d’autres modèles aussi badass qu’elle et qui ont aussi bien réussi, mais je ne les connais malheureusement pas. Aussi, chers lecteurs et lectrices, si vous avez des exemples en tête, n’hésitez pas à me le faire savoir.

Se retrouver avec d’autres solitaires

Je connais néanmoins d’autres chercheurs indépendants, qui se reconnaîtront j’en suis sure.  Ils ont commencé leur propre aventure relativement en même temps que moi. Et depuis que je connais ces autres loups solitaires, je me sens un peu moins seule.

Car j’ai compris qu’il est important de s’entourer, et parfois de travailler, avec des gens qui me comprennent, et avec qui je peux échanger sur différentes problématiques spécifiques des enseignants-chercheurs indépendants. Débattre sur des notions « de bricolage » juridique et commercial qui nous sont propres, parler de nos doutes idéalement autour de cafés et de verres, ou occasionnellement dans des restaurants tibétains hors confinement, m’a toujours mis d’excellente humeur.

Le pain tibétain : une parfaite excuse pour partager nos expériences de recherche indépendante

Aussi, trouver des semblables avec qui échanger a été pour moi l’un des éléments les plus satisfaisant de ces dernières années. Et l’idée que notre communauté puisse grandir n’est pas pour me déplaire.

Les mentors, un must have

Autre élément important dans mon parcours d’enseignante-chercheuse indépendante : les mentors.

J’avais lu dans je ne sais quel magazine une fois, qu’un des facteurs de succès d’une entreprise consiste à s’entourer de gens plus expérimentés et plus intelligents que soit. Et je trouve que ceci est tout à fait vrai.

Luke Skywalker avait Obi Wan Kenobi.

Harry Potter avait Albus Dumbledore.

Frodon avait Gandalf.

Pocahontas avait Grand-Mère Feuillage.

Moi, j’ai eu la chance d’avoir un Obi Wan Kenobi, un Albus Dumbledore, un Gandalf, et une Grand-Mère Feuillage. Je ne citerai pas leur nom ici car je ne leur ai pas demandé l’autorisation, mais je suis sure qu’ils se reconnaîtront s’ils me lisent.

Je ne sais pas ce qu’il serait advenu de moi sans eux. Ils m’ont redonné confiance lorsque je l’avais perdue. Ils m’ont ouvert leur carnet d’adresse quand je ne savais pas à qui m’adresser. Ils m’ont formé sur le tas quand je me sentais incompétente. Ils m’ont remonté le moral lorsque celui-ci était tombé dans la plus profonde des abysses.

Je leur voue une profonde gratitude.

Et je conseille à tous ceux qui souhaitent se lancer sur mes traces de trouver leurs propres mentors. Comment ? Par le détour d’un chemin, ou autour de verres ou de cafés là encore. Mon amie Justine m’avait dit qu’il ne s’agissait pas de crier à la populace : « youhou ! je cherche un mentor ». D’après mon expérience, il suffit de se lancer dans le monde pour les voir apparaître dans les moments critiques. C’est là la force des mentors. Ils apparaissent parfois quand on ne les attend pas.

Les (plus ou moins) proches

La question des proches est également déterminante. Ces derniers peuvent s’avérer tout autant toxiques qu’une force.

Dans le premier cas, je conseille d’éviter tout sujet pouvant se terminer en débats stériles. Bon nombre de personnes ne peuvent pas comprendre notre parcours, et tendent à nous mettre dans de jolies petites boîtes (histoire de ma vie).  Lorsque vous tombez sur l’un de ces spécimens toxiques et déprimants, courage, fuyez ! Car mieux vaut dans ce cas être seul que mal accompagné.

Et puis sérieusement, si vous avez le choix, pourquoi rester avec des rageux ?

Mais fort heureusement, nos proches peuvent également nous porter et nous soutenir dans les moments difficiles.

Souvent, ils ne comprennent pas non plus nos problématiques et nos fardeaux. Mes parents, bien qu’ils me soutiennent dans mes choix, sont d’une autre génération et ne comprennent pas toujours les difficultés ou les joies inhérentes à mon activité.

Mais ils m’aiment et me soutiennent. Et c’est le principal.

Je trouve plus de réconfort dans mes amis qui me disent souvent quand je commence à douter « Oh, Claire, ça va, tu vas y arriver parce que c’est toi ». Réconfortant, mais un peu flippant cela dit, cette confiance qu’ils me prêtent alors que je n’en ai pas autant pour moi-même.

Mais cela fera l’objet d’un futur post.

***

Voilà, chers lecteurs et lectrices, mes retours sur la solitude de l’enseignante-chercheuse indépendante que je suis. Je conclurai simplement de la sorte :

Solitaire : oui, parfois. Accompagnée : oui, souvent. Indépendante : oui, toujours.

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