Suite à une longue conversation avec une enseignante-chercheuse en devenir, j’ai décidé d’écrire un court article relatif au statut juridique pour créer son activité.

Il est vrai qu’il est difficile de s’y retrouver au début, et cela demande un minimum d’effort pour comprendre ce qu’est un statut juridique, quelles sont les différences entre eux, et en choisir un pertinent en lien avec son activité.

Lorsque je discute avec mes amis enseignant-chercheurs indépendants, les statuts qui reviennent le plus souvent sont :

– Celui d’auto-entrepreneur : rapide à obtenir, qui demande peu de démarches administratives et qui est toujours bien pour débuter ;

– L’Entreprise Individuelle (EI) : qui permet de dépasser le plafond de facturation des auto-entrepreneurs tout en évitant de créer une société ;  

– La Société par Action Simplifiée Unipersonnelle (SASU) : qui fait souvent suite au 2 statuts énoncés précédemment, et qui permet de se salarier.

Mais il y en a d’autres ! Aussi comment choisir ?

Il existe un grand nombre de sites web qui vous permettent de choisir le bon statut juridique pour débuter votre activité d’indépendant. Mais je retiens ici les suivants :

– Le site du Ministère de l’Économie et des Finances pour expliciter simplement et officiellement :

– Le site de la BPI qui propose un simulateur d’aide au choix de statut juridique : https://bpifrance-creation.fr/aideauchoixdustatut

– Le site officiel de l’URSSAF pour les auto-entrepreneurs, sur lequel vous avez plus de précisions sur ce statut, et toutes les informations nécessaires pour obtenir ce statut en quelques clics (moins de 30 minutes top chrono !) : https://www.autoentrepreneur.urssaf.fr/portail/accueil/sinformer-sur-le-statut/lessentiel-du-statut.html

Et ces sites ne sont, là encore, que quelques-uns parmi des centaines d’autres !

Une fois votre statut soigneusement choisi, il suffit de se lancer en toute confiance dans l’aventure. Je suis cependant souvent étonnée de voir des collègues chercheurs totalement angoissés par ces démarches, qui me semblent pourtant beaucoup plus simples que de rédiger une thèse de doctorat.

Pour relativiser la chose : en 2019, il y avait environ 386 000 auto-entrepreneurs en France, et bien entendu l’écrasante majorité n’a pas de bac+8. Donc si tous ces gens ont pu le faire, vous, amis chercheurs pouvez le faire aussi.

Après, je connais certains chercheurs qui sont contre ce statut de l’auto-entreprise, qui il est vrai est un statut précaire, je ne le nie pas. Vous n’êtes pas salarié dans ce cas, et ne disposez pas d’une couverture sociale aussi importante que si vous étiez salarié d’une société (pour savoir la différence entre une auto-entreprise et une société, allez voir le site du Ministère). 

En ce qui me concerne, ma première expérience entrepreneuriale a donné naissance à une société sous la forme d’une SAS que j’ai liquidé 3 ans plus tard. Aujourd’hui je suis auto-entrepreneure et tout à fait satisfaite pour le moment.

Mon conseil serait cependant le suivant. Si vous souhaitez débuter une activité indépendante tranquillou, commencez avec une auto-entreprise ou une entreprise individuelle, qui demandent peu de démarches administratives et un très faible coût d’entrée. Celle-ci vous permettra de tester votre marché pendant quelque temps, idéalement en parallèle d’une activité salariée qui vous permettra quant à elle d’avoir une bonne couverture sociale.

C’est la position dans laquelle je me trouve actuellement. Je suis salariée de l’École Spéciale d’Architecture (même si j’enchaîne des CDD de 4 mois) et j’ai une auto-entreprise qui me permet d’avoir un revenu complémentaire confortable, idéal pour me faire plaisir et mettre un peu de côté. Et cela me convient.

En revanche, si au bout de 2-3 ans (voir moins parfois), vous voyez que vous dégagez un revenu stable avec votre auto-entreprise, supérieur à 30 000 € de chiffre d’affaires par an, alors il est peut-être temps de changer de statut et éventuellement d’immatriculer une société. Ces 30 000 € de chiffre d’affaires correspondent à environ un revenu net après cotisations à l’URSSAF de 23 400 € par an soit 1950 € par mois, auxquels il faut également enlever des frais annexes.

Cependant ces frais sont relativement limités lorsque l’on est enseignant-chercheur indépendant. En ce qui me concerne je ne paye pas de loyer pour des locaux ou pour un espace de co-working, car je vais toujours chez mes clients, et j’ai très peu de dépenses de fournitures. Mon plus gros investissement serait sans doute de changer d’ordinateur, mais cela est loin de la limite de 10 000 € de frais de fonctionnement dont m’avais parlé une comptable pour pouvoir justifier un changement de statut juridique.

Après, vous pouvez également vouloir vous lancer avec un associé et monter une SARL ou une SAS comme je l’avais fait par exemple avec Sciago, ma précédente entreprise. Et il est vrai que c’est une expérience excitante durant laquelle on apprend beaucoup, mais cela demande un minimum d’accompagnement. Si monter une société vous intéresse, je vous conseille de vous rapprocher d’avocats, de comptables, d’associations d’entrepreneurs, d’incubateurs ou autres organismes territoriaux qui sauront vous accompagner.  C’est une expérience passionnante en effet, mais qui demande un effort et un coût d’entrée bien plus important que de lancer une auto-entreprise ou une entreprise individuelle.

Aussi choisir un statut, au-delà de répondre à une simple question juridique, est une réflexion profondément personnelle. Répondre à cette question, c’est se demander quel type d’activité, et quel mode de vie on envisage lorsque l’on est enseignant-chercheur indépendant.

Pour ma part, j’ai fait mon choix. Commencer par une SAS était sans doute un peu trop ambitieux en termes de gestion pour moi, et ceci au dépend de ma vie personnelle. En revanche, mon double statut d’auto-entrepreneur d’une part, et de salariée d’école d’architecture d’autre part me convient très bien.  Mais c’est très personnel.

A vous maintenant de vous faire votre propre expérience pour décider de ce qui vous conviendra le mieux !